Edwige M.

patiente ASDIA
depuis 2010.

Il n’est pas facile d’être diabétique.

Pas facile de se voir se détériorer. De se voir se transformer en... une sorte de chose. En une sorte de robot.

Il n’est pas facile de SE voir dépendre d’une machine. Mais cela l’est encore davantage dans le regard de l’entourage. Que l’on s’imagine nous juger. Ou avoir pitié. Nous ravalant à peu de chose près au rang de sursitaire...

 

Et lorsque non seulement, on voit sa vie dépendre d’une machine, mais qu’en plus, on se heurte à l’incompréhension des autres, cela peut vite prendre des proportions astronomiques.

 

Il m’est arrivé de penser en finir. Une bonne fois pour toutes. Parce que je suis indépendante et fière. Parce que je ne voulais pas de cet objet, fiché dans ma chair.

 

Mais s’il est facile d’imaginer son trépas, il en est tout autre quant il faut passer à l’acte.

Sacrilège entre tous, qui consiste à soi-même arrêter le chemin de son existence.

 

Et puis, par lâcheté autant que par peur, on se plante quand même. Et petit à petit, on reprend goût à la vie. On se dit qu’il y a pire.

 

Et que tant que ça dure, c’est toujours ça de bon à prendre.

 

Parce que la vie est belle. Et qu’elle mérite le détour.