Rapport de l’Inserm et de l’INVS sur le diabète de l’enfant.

Une augmentation préoccupante.

Une augmentation de l’incidence du diabète de type 1 (DT1) chez l’enfant a pu être constatée dans l’ensemble des pays bénéficiant d’une surveillance. Maladie auto-immune due à une destruction des cellules sécrétrices d’insuline du pancréas (cellules bêta), le DT1 se caractérise par une hyperglycémie chronique, pouvant entrainer de nombreuses complications.

Estimée en France à 8 cas pour 100 000 enfants âgés de moins de 15 ans en 1988, elle atteindrait aujourd’hui 15 cas pour 100 000 d’après les données de l’Assurance Maladie, ce qui correspond à un accroissement annuel de 3.4% et à un doublement du taux en 30 ans.
D’après les estimations de la Fédération Internationale du Diabète, à l’échelle mondiale, 70 000 enfants de moins de 15 ans développent un diabète de type 1 chaque année (soit près de 200 enfants par jour).

En France, l’accroissement de l’incidence du DT1 chez l’enfant ne semble pas être une conséquence du changement survenu dans la définition de la maladie, ni de changements de pratique diagnostique ou d’un meilleur dépistage de la maladie, car la latence de la maladie est courte, sa symptomatologie bruyante, et aucune modification n’a été réalisée dans le système de santé au cours de la période d’étude. Elle ne reflète pas non plus, sur une si courte période, une modification du fond génétique de la population.
Cette augmentation globale de l’incidence de DT1 chez les enfants résulte essentiellement d’un développement plus précoce du diabète. Ceci signifie que l’âge de déclenchement de la maladie serait en train de se décaler vers une population encore plus jeune, notamment vers les enfants âgés de moins de 5 ans. Une exposition plus précoce aux facteurs d’environnement accélère probablement l’apparition du diabète, et plus particulièrement chez les enfants génétiquement prédisposés.

La prise en charge des tout-petits est très spécifique et fortement consommatrice du temps du personnel soignant. En effet, plusieurs éléments caractérisent la maladie à cet âge : un mode de révélation plus sévère, une rapide et grande variabilité, le danger particulier des hypoglycémies à cet âge, l’interférence avec les maladies fébriles fréquentes à cet âge de la vie, enfin l’immaturité de l’enfant pour participer à son traitement.

Ces enfants et leurs familles doivent par conséquent être pris en charge dans des structures adaptées avec des équipes pluridisciplinaires formées à cette maladie.